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Le développement stand

Histoire

Ce procédé était populaire à la fin du 19e et au début du 20e siècle, et a été utilisé par Eugène Atget ou William Mortensen, entre autres. Il a un effet de compensation dans la mesure où le révélateur s'épuise dans les zones qui nécessitent un développement plus important tout en restant actif dans les zones moins exposées, ce qui a pour effet de renforcer les détails des ombres tout en préservant les hautes lumières.

Dans le développement traditionnel, le film est traité dans une solution de développement concentrée pendant une courte période, généralement de 8 à 12 minutes. Durant cette phase, le liquide de développement est agité, souvent en renversant la cuve de développement plusieurs fois toutes les minutes. Cela a pour effet de répartir uniformément le liquide de développement sur la surface du film et d'éviter un surdéveloppement localisé. Le développement lent utilise plutôt une solution très diluée du révélateur, souvent une part de révélateur pour cent parts ou plus d'eau. Il n'y a pratiquement pas d'agitation au-delà du mélange initial, et les temps de développement sont beaucoup plus longs, souvent une heure ou plus. Une version de cette technique est le développement semi-stand, qui utilise une petite quantité d'agitation, le plus souvent à mi-temps de la période de développement.

Pourquoi un tel succès pour le stand-dev de nos jours ?

Le stand-dev est réputé sa relative simplicité. Effectivement, très peu de révélateur est utilisé (économique), il ne faut pas rester plusieurs minutes à surveiller le temps et l'agitation, et la température importe peu. Cette technique est également très peu sensible aux variations d'expositions et permet de développer des vues à des expositions différentes dans un même film.
Bref, à l'opposé du développement hyper-précis où tout le monde cherche le graal ultime, sans marge d'erreur, ce petit côté alternatif est, il faut bien l'avouer, grisant, surtout que cela marche très bien !

Caractéristiques

Si nous reprenons, voici les spécificités du développement lent :
  • Simplicité d'usage général, un révélateur liquide mis dans l'eau, rien à préparer d'autre.
  • Aucune gestion spécifique de la température, qui influe sur le temps de développement normalement.
  • Très économique, les dilutions sont de l'ordre de 1+100, jusqu'à 1+200.
  • Pas besoin de rester à surveiller la température, le temps, l'agitation.
  • Possibilité de développer des vues prises à différentes sensibilités (même film ou films différents).
  • Permet des rendus très doux, avec des bons rendus dans les hautes lumières.
  • La netteté perçue est améliorée en raison de l'acutance.
Bref, pas mal d'avantages quand le développement n'est pas d'une criticité scientifique absolue !

Risques

Sans agitation, le développement lent peut souffrir de l'apparition de traînées, dites "bromide drags". Durant le développement sont produits des ions bromure, qui, sans agitation, migrent doucement vers le fond de la cuve. Ce faisant, ils créent des stries de développement inégales à la surface du film. Typiquement, pour les films 35 mm, les perforations d'entrainement du film accentuent souvent ces stries, qui auraient été masquées par une agitation plus importante.

Parfois, les négatifs semblent trop peu contrastés, le semi-stand-dev permet d'augmenter légèrement le contraste.

Recommandations

Quels films utiliser ?

A priori tous les films noir et blanc courants du commerce.
Scoop : il est même possible de développer des films couleurs de cette manière, les couleurs ne seront pas rendues mais l'exploitation en noir et blanc totalement possible. Ci-dessous, semi-stand-dev Kodak Portra et Gold avec le révélateur HC-110 à 1+100.

Quels révélateurs films utiliser ?

Là, il ne faut pas se tromper. Même si cela pourrait marcher avec les révélateurs les plus courants du commerce, les meilleurs résultats seront obtenus avec l'Adox Rodinal, le Kodak HC-110, le Foma Fomadon R09 ou encore l'Ilford LC29.
D'une manière générale les fabricants recommandent de ne pas utiliser moins de 5 ml de révélateur par film (135 ou 120).

Développement du film

Concernant la température, pas de recommandation particulière, entre 18 et 26 degrés sans soucis. Veillez juste à ce que tous les bains soient identiques pour éviter des chocs termiques, notamment du trop chaud vers le froid.
Mesurer quelques millilitres de révélateur n'est pas simple, procurez-vous une seringue dans une pharmacie, par exemple.
Le protocole décrit ci-après est équivalent pour ma part pour tous les films noir et blanc et couleur C-41.

Pour commencer, faites simple, avec le semi-stand-dev (agitation à la moitié du temps, et ainsi éviter les "bromide-drags") :

  • Dilution du révélateur entre 1+50 (cuve 250 ml) et 1+100 (cuve 500 ml).
  • Agitation constante douce pendant 1 minute le temps que le film soit bien mouillé, notamment.
  • Tapez la cuve 2 ou 3 fois pour faire sortir les éventuelles bulles d'air coincées.
  • Laissez reposer sans manipulation pendant 30 minutes.
  • Agitation, 2 ou 3 rotations, tapotez.
  • Laissez encore reposer pendant 30 minutes.
  • Bain d'arrêt, fixage, rinçage et séchage comme d'habitude.
Pour la suite, a savoir le bain d'arrêt et le fixage, suivez la technique du développement pour finaliser.
Et si vous souhaitez scanner vos films par vous-même, je vous propose de les numériser en haute-résolution avec votre appareil photo numérique dans cet article spécifique.

Denis, utilises-tu toi-même le développement lent ?

Oui, bien sûr, toutes les images de cet article sont développées avec cette technique, mais je ne la pratique pas tout le temps, et utilise toujours le semi-stand-dev.
J'utilise le plus souvent le Rodinal à 1+500 (pour 1 film 120).

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