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Généralités

Introduction

Initialement, lorsque j'étais étudiant aux Beaux-Arts, mon professeur de photographie Alain FLEIG m'a très justement inclus dans un stage de développement avec Philippe SALAÜN, formé par Ansel ADAMS et tireur privilégié, entre autres, de Willy RONIS, Robert DOISNEAU, Edouard BOUBAT, Izis, Inge MORATH, Seydou KEITA, Malick SIDIBÉ, René JACQUES, etc. afin de parfaire mes connaissances en technique de développement film et papier.
Sur la base de cet apprentissage, ce guide me suit depuis plus de 30 ans, et j'espère qu'il pourra servir à d'autres personnes.
En aucun cas ces méthodes sont parfaites, je ne suis ni physicien, ni chimiste, ni mathématicien. Elles me permettent de m'exprimer, d'aboutir mon travail, bref elles me correspondent.

La difficulté n'est pas de développer un film, mais de trouver votre méthode et d'adapter votre technique à vos besoins et votre créativité.

Conservation des films

Garder les films au réfrigérateur si la température est supérieure à 24°C.
Ensuite, avant d'ouvrir l'emballage, amener les films à Tp° ambiante pour éviter la condensation (2 à 3 heures).

Les rayons "X" sont-ils dangereux pour les films ?

En ce qui concerne les cas usuels d'utilisation et les aéroports non, mais ... de nombreuses croyances très tenaces circulent à ce sujet.

Oui, bien sûr que les films sont sensibles aux rayonnements, tout comme votre corps et la matière qui nous entoure. Les équipementiers aéroportuaires, diverses organisations aéronautiques et concepteurs de produits photographiques ont publié de nombreuses études à ce sujet. Concernant les films photographiques grand public jusqu'à 800 ISO, ils ne seront altérés qu'après de très nombreux passages dans les scanners des aéroports.

Effectuer un trajet en avion de façon ponctuelle expose à de très faibles doses de rayonnements cosmiques. En témoigne les vols suivants (exposition estimée pour les vols effectués le 14 février 2020) :

  • Paris-Nice : 0,003 mSv
  • Paris-Berlin : 0,005 mSv
  • Paris-New York : 0,062 mSv
  • Paris-Tokyo : 0,098 mSv
C'est l'accumulation des voyages, donc des doses reçues, qui augmente le risque. Six allers-retours entre la France et le Japon suffisent à atteindre 1 mSv, la limite annuelle réglementaire d'exposition fixée pour le public.
A titre de comparaison, Même si l’usage des rayonnements ionisants est croissant dans l’industrie et dans le milieu médical, la radioactivité naturelle représente les 2/3 de l’exposition moyenne en France métropolitaine avec une dose efficace de 2,9 mSv/an, contre 1,6 mSv/an pour la radioactivité artificielle. Un scanner abdominal représente 12 mSv.

Selon les spécifications publiées par le fabricant, il a été établi que, pendant un balayage typique, un bagage recevra une dose de rayonnement d'environ 0,002 mSv produits par les appareils de radioscopie Heimann.

L'énergie du rayonnement des appareils de radioscopie de l'ACSTA est trop faible pour causer des effets perceptibles sur les pellicules non traitées des appareils photo, et ce, jusqu'à au moins 800 ASA. Cependant, des inspections multiples de la même pellicule non traitée pourraient finir par endommager ces pellicules.

Selon l'étude de la DGAC (2010), pour des films de faible sensibilité (100 ISO), aucun voile ne peut être détecté, quel que soit le nombre de passages.
Pour des films de sensibilité moyenne (de 200 à 400 ISO), aucun voile ne pourrait être détecté jusqu'à 24 passages. L'interpolation des courbes entre 24 et 48 passages laisse supposer que les premières altérations visibles à l'œil nu se produiraient entre 30 et 40 passages.
Pour des films de sensibilité 800 ISO, le voile devient visible à l'œil nu au-delà de 12 passages.
Pour des pellicules de haute sensibilité, 1600 ISO et au-delà, l'altération peut se produire dès le 6ème passage.

Si néanmoins cela ne vous rassure toujours pas, je vous conseille de :

  1. De ne pas mettre vos films dans vos bagages en soute mais de les prendre avec vous en cabine. Les scanners en soute seraient plus puissants, et difficile de négocier avec le personnel aéroportuaire à ce stade.
  2. Transporter vos films dans un sac dédié entouré de plomb. Au mieux cela aidera pendant le passage de la sécurité et durant le vol.
  3. Présenter vos films avant que cela vous soit demandé aux agents de sécurité, si ce n'est pas trop encombré ils connaissent le sujet et feront une inspection manuelle.
  4. Acheter vos films sur place, pas de stress !
  5. D'une manière générale utilisez vos films sans attendre, car le rayonnement est partout !
  6. Enfin, si vous le pouvez, effectuez vous-même le développement du film sur place ou confiez votre film à un laboratoire qui l'expédiera ultérieurement.

Dilution des produits

En termes de chimie quantitative, la dilution est un acte précis, ce qui ne l'est pas sur les dépliants spécifiques de chaque produit photographique.
Des erreurs monumentales sont commises en ce sens.
Lorsque que l'on parle d'une dilution à 1+9 (ou 1:9), soit des produits A+B, il s'agit de mettre 1 volume de A complété par 9 volumes de B.
Soit par exemple, 100 ml de A et 900 ml de B pour un volume de 1 litre (ou de 1000 ml, car 1000 ml = 1 litre).

Cela nous donne dans ce cas là une dilution à 10%. (car A est compris pour 1 volume dans un total de 10 volumes, soit 1 pour 10, ou 10 pour cent qui s'écrit 10%).

Sensibilité des films

La photographie est un processus chimique et physique. A part le besoin de retrouver EXACTEMENT la réalité pour ces raisons particulières de contrôle ou de reproductibilité, et de ne pas considérer l'interprétation du photographe, il faut savoir accepter une certaine marge d'écart, voire d'erreur. Considérer que tout doit être parfait est très compliqué en mode manuel, tout comme le "meilleur appareil du monde, le meilleur film, les meilleurs produits, vitesses et ouvertures, objectifs, stockage, température, etc." n'ont jamais transformé un novice en génie. N'oublions pas que ce ne sont que des outils créés pour sublimer votre vision du monde, et non l'inverse.

Ci-dessous un test simple, la même prise de vue à différentes vitesses, ouvertures et sensibilités de film, exposée sur la même pellicule. Il s'agit du légendaire film KODAK TRI-X 400 en 35mm développé dans du KODAK D-76 en dilution 1:1. Vous avez donc une grosse marge d'erreur ou de possibilité, détendons-nous !

Photography test - 25 ISO 1/90@f/2.8
25 ISO 1/90@f/2.8.
Photography test - 50 ISO 1/180@f/2.8
50 ISO 1/180@f/2.8.
Photography test - 50 ISO 1/60@f/5.6
50 ISO 1/60@f/5.6.
Photography test - 100 ISO 1/125@f/5.6
100 ISO 1/125@f/5.6.
Photography test - 100 ISO 1/60@f/8
100 ISO 1/60@f/8.
Photography test - 200 ISO 1/125@f/8
200 ISO 1/125@f/8.
Photography test - 200 ISO 1/250@f/5.6
200 ISO 1/250@f/5.6.
Photography test - 400 ISO 1/500@f/5.6
400 ISO 1/500@f/5.6.
Photography test - 400 ISO 1/750@f/4
400 ISO 1/750@f/4.
Photography test - 800 ISO 1/250@f/11
800 ISO 1/250@f/11.
Photography test - Surprise
Surprise *.
Vous pouvez cliquer sur chaque vignette pour voir le scan brut à 3200 DPI. Aucune retouche n'a été effectuée.
Bien évidemment, avec le numérique, nous pouvons aller plus loin et rattraper, ou interpréter notre vision de l'image.
* Il s'agit de la version ISO 25 reprise sous Photoshop, certaines zones ont été rectifiées. D'une manière générale, il est mieux d'obtenir des détails dans les ombres et hautes lumières, qui peuvent être utilisés ultérieurement.

Développement des films négatifs noir et blanc

Manipulations des films

Ne pas sortir les films des cartouches en les déroulant rapidement sinon il se produit de l'électricité statique qui peut voiler la couche photosensible à certains endroits, ainsi que des rayures.
D'autre part, il vaut mieux rembobiner totalement un film si on le donne à développer à un photographe, car ils ont parfois tendance à pratiquer la manipulation précédente.
Si vous développez vous même vos films, laissez sortir l'amorce, qui sera coupée avec précision entre 2 perforations d'entraînement, avant d'être enroulée sur la spire (Evite les accrochages malchanceux dans le noir...).
Il vaut mieux traiter entre 1 et 5 films en petites cuves manuelles, donnant de meilleurs résultats qu'en machine. Mieux vaut utiliser le révélateur à bain perdu (que l'on utilise qu'une fois), les erreurs seront beaucoup plus rares alors.

J'utilise également depuis quelques temps une cuve LAB-BOX d'ARS-IMAGO, qui est vraiment très simple d'utilisation, que cela soit pour les films 135 ou 120/220. En moins d'1 minute le film est chargé sur la spire à la lumière du jour, l'ensemble étant immédiatement prêt au développement du film.

Température des produits

Mesurer la température des produits qu'une fois ceux-ci mélangés dans le contenant (éprouvette) et avant de le verser dans la cuve, ce qui me permet d'adapter le temps de développement à la réalité et non l'inverse. Mesurer la température des produits qu'une fois ceux-ci mélangés dans le contenant (éprouvette) et avant de le verser dans la cuve, ce qui me permet d'adapter le temps de développement à la réalité et non l'inverse.

Pré-mouillage du film

Le pré-mouillage permet d'humidifier le film avant le bain du révélateur.
Cela permet notamment d'améliorer certains phénomènes avant toute réaction chimique :
  1. Mettre le film à la bonne température.
  2. Éviter la formation de bulles par le révélateur sur le film.
  3. Permettre une action plus uniforme du révélateur.
  4. Dissoudre la couche anti-halo de certains films.
Cette étape est néanmoins facultative, mais pas neutre pour les développements très exigeants. Typiquement 2 bains de mouillages successifs de 1-3 minute pour préparer le film.

Révélateur film

Filtrer le révélateur et autres produits avant emploi si possible. Ils risquent de posséder des éléments pouvant rayer les films, surtout lorsque l'on utilise le fond des produits restant dans les bidons.
Préparer le révélateur en une seule fois, pour ne pas perdre de temps et bien mélanger les produits. Le révélateur se prépare hors de la cuve à films.
Quand il y a beaucoup de films à traiter, mettre d'abord le révélateur, puis ouvrir les cartouches de films, les installer sur les spires, sur l'axe et plonger le tout rapidement dans le révélateur (et dans le noir).

Employer la cuve inclinée sur son couvercle pour verser les produits afin d'éviter que trop d'air s'enferme, sortie d'air vers le haut. Continuité de température de l'ordre de ± 2°C. L'agitation doit être normale, pas musclée, afin d'éviter de faire mousser les bains.
Il faut juste taper d'un coup sec le fond de la cuve afin de déloger les bulles se formant sur le film, après le versement du révélateur.

Si trop musclée : zébrures sur le film.
Si trop de bulles : formes rondes sur le film à de multiples endroits.

Agiter la cuve en effectuant une bascule verticale de 180° et une rotation dans les deux sens. (toutes les 30 secondes environ). Soulever aussi le couvercle après chaque cycle d'agitation afin que l'air puisse s'échapper.
Tapoter la cuve légèrement de temps en temps pour que les bulles ne restent pas sur le film, mais il faut aussi surtout éviter de faire mousser les produits.
Le but est de renouveler cycliquement et totalement le révélateur au contact de l'émulsion photographique, car les zones surexposées épuisent très rapidement celui-ci.

L'eau peut ou peut ne pas être calcaire mais les problèmes se rencontrent au dernier lavage. L'acidité du fixateur et du bain d'arrêt dissout le calcaire en suspension dans l'eau.

Stockage du révélateur

Pour les révélateurs en poudre, tels que les KODAK D-76, XTOL ou ADOX XT-3, préparer une solution "stock" (solution initiale eau et poudre diluée) avec de l'eau de source très faiblement minéralisée comme "Mont Rouscous" (en France), de l'eau déminéralisée ou distillée pour cette réalisation initiale.
Certains recommandent de faire bouillir l'eau pour évacuer les derniers reliquats d'oxygène, mais n'ayant jamais eu de soucis de conservation, ne compléxifions pas la méthode.
En effet, l'oxydation avec l'oxygène de l'air est le pire danger pour la solution. Il faut d'ailleurs éviter de secouer duration sa préparation, il vaut mieux remuer doucement jusqu'à dissolution complète.
Stocker le révélateur dans des bouteilles médicales ou chimiques en verre foncé en les remplissant à ras bord.
Vous pouvez aussi utiliser des bouteilles de vin brun avec des bouchons à vide permettant d'extraire l'air via une pompe manuelle.
Bouteilles en verre brun 250 ml pour le stockage du révélateur film
Bouteilles en verre brun 250 ml pour le stockage du révélateur film.

Personnellement, je prépare 5 litres de révélateur avec de l'eau déminéralisée, que je stocke dans des bouteilles de verre foncé de 250 ML.
Je mets la poudre dans le bidon de 5 litres, le compresse pour retirer un maximum d'air, le ferme puis fais des rotations jusqu'à dissolution complète. Il aura toujours moins d'oxydation bouchon fermé qu'ouvert ou à l'air libre, car une fois l'oxygène consommé c'est terminé.
En biochimie j'utilisais des agitateurs magnétiques, qui permettent de mélanger mieux par le fond sans effort, mais je n'ai pas encore utilisé ce dernier.
Attendre au moins 24 heures avant de le répartir dans les bouteilles de verre afin d'être sûr que tout soit dissous, l'oeil ne pouvant rien voir au niveau chimique.
Utilisant des dilutions 1:1, 250 ML me permet de déveloper jusqu'à 2 films 135 ou 1 film 120 pour un volume de révélateur final de 500 ML, ne laissant jamais de bouteille à demi-vide.
Filtrer la solution avec un tissu ou une petite passoire très fine au-dessus de l'entonnoir pour retenir des particules pouvant altérer le film chimiquement ou mécaniquement.
Quand j'ai un film à développer, je prends une bouteille que je remue doucement avant ouverture, puis réalise la dilution avec l'eau déminéralisée, distillée ou minérale évitant si possible l'eau du robinet.
Je conserve ces bouteilles de solution "stock" à l'abris de la lumière, dans une pièce ayant une température plus ou moins constante et pas trop chaude, et sans problème pendant plus d'1 an. Si lors de la préparation de la dilution le révélateur est différent de la couleur initiale, trouble, ou tout autre doute, je ne l'utilise pas, mais c'est très, très rare.

Bain d'arrêt film

Acide acétique du commerce dilué à 2% pour les bains d'arrêt du négatif. Pour un film, le temps recommandé de passage dans le bain d'arrêt est d'1 mn.
Remuer normalement (il stoppe net l'action du révélateur et préserve l'efficacité du fixateur).
S'il n'en reste plus, du vinaigre d'alcool blanc ménager ou culinaire (moins concentré) feront parfaitement l'affaire.

Fixateur film

Pour les tests fixateur : Téténal Fixierbad Prüfer : dans les magasins spécialisés.
Il ne faut pas fixer trop longtemps, bien que le monde des novices se vante de cette technique, alors qu'il n'en connaît pas le processus.
Le fixateur est un produit acide, ce qui est très néfaste à la conservation des films. Dans le processus chimique, cette acidité rentre en jeu. Dès ce processus terminé, l'acidité restante, (qui est en excès, pour une réaction chimique totale) commence à oxyder le support du film. Il faudrait donc plutôt laver plus longtemps, ce qui en revanche n'est jamais fait.
Le fixage doit être entretenu par une agitation de la cuve assez soutenue, dans le sens où une rotation et un basculement toutes les 15-20 secondes est un minimum pour un bon fixage.

Lavage des films

Il peut apparaître une réticulation du film pendant le lavage si les écarts de température sont importants entre les différents bains photographiques. Donc obtention d'un grain plus gros et perte de définition.

Remplir la cuve d'eau provenant du seau pendant douze minutes en veillant à changer l'eau toutes les minutes.
Agiter verticalement plusieurs fois et faire quelques rotations, l'action mécanique de l'eau aidant au lavage en détachant les particules du film.
Laisser reposer pour que les composés argentiques et fixants, plus lourds que l'eau, tombent au fond de la cuve. Retirer la spire par son axe avant de jeter l'eau, sinon il y aurait re-déposition de ces composés sur l'émulsion. Secouer la spire pour éjecter les dernières goutte d'eau.

Autre méthode possible (connue aussi sous le nom "Ilford wash" ou "lavage machine à laver"), permettant par l'agitation dynamique de l'eau d'extraire plus rapidement les éléments chimiques du film. Remplir la cuve à 80% d'eau propre et à bonne température à chaque fois :

  1. 5 basculements et vider la cuve. Pas la peine de faire plus ici, le but étant d'éliminer rapidement un maximum de fixateur.
  2. Remplir. 10 basculements et vider la cuve.
  3. Remplir. 20 basculements et vider la cuve.
  4. Éventuellement 20 autres basculements et vider la cuve.

Rinçage final avec de l'eau distillée ou déminéralisée pour éviter toute trace de dépôts organique ou minéral au séchage. Temps maximal 2 mn.

Si utilisation d'un agent mouillant (PHOTOFLO de chez Kodak), mettre l'eau d'abord puis l'agent mouillant après. Il suffit d'en introduire 3 gouttes à l'eau de rinçage (pour une cuve de 250 ml). Plonger le film pendant 2 mn environ, et plutôt moins que plus. Si trop concentré, il y a alors des risques de marbrures (remuer de temps en temps).
J'utilise maintenant le Tetenal Mirasol Wetting Agent, un agent mouillant antistatique et batéricide pour les films noir et blanc et peut être utilisé comme agent de glaçage pour les papiers à base de fibres. Il contient des agents antibactériens et antifongiques.

Séchage des films

Essorer le film avec une éponge en latex que l'on trouve dans les magasins de maquillage. (attention, opération très délicate !)

Autre technique possible que j'utilise maintenant, fixer la spire contenant le film verticalement dans une essoreuse à salade. C'est l'emploi le plus simple de l'effet centrifuge. Le mouvement de rotation imposé au film induit des accélérations transmises aussi aux particules d'eau. Alors qu'elles restaient collées au repos, les forces de cohésion deviennent insuffisantes lorsque l'ensemble tourne suffisamment vite. L'équilibre local n'est plus garanti, l'eau est éjectée. Cela permet également d'éviter de rayer le film humide rendu plus fragile durant une action mécanique de frottement effectuée avec pour certains les doigts, une pince ou une éponge.

Laisser sécher le film dans un endroit propre et sans poussières, pendant 2 h à 3 h ½. Les armoires séchantes ne sont pas conseillées, l'évaporation rapide de l'eau pouvant engendrer des tâches déposées par des éléments concentrés dans les gouttes.

Couper le film accroché et non pas enlever la pince qui contient potentiellement encore de l'eau. Cette eau risque de dégouliner sur le film et de rallonger le temps de séchage et encore pire, laisser une traînée sur la pellicule. Découper ensuite le film en bandes de cinq ou six vues et les placer dans une pochette faite d'un papier sans acide.

Procédures de développement de films noir et blanc

Développement standard

Valeurs données pour le développement un film 135 ou 120 à bain perdu et une température de 20°C.
Kodak
TRI-X
Kodak
TMAX 100
Kodak
TMAX 400
Fujifilm
ACROS 100
Ilford
HP5
Ilford
Delta 100 & 400
Adox
Rodinal
1+25
8mn
1+50
13mn
1+50
12mn
1+50
12mn
1+50
12mn
1+50
12mn
Kodak
XTOL
1+1
12mn
1+1
12mn
1+1
12mn
1+1
12mn
1+1
12mn
1+1
12mn
Adox
XT-3
1+1
12mn
1+1
12mn
1+1
12mn
1+1
12mn
1+1
12mn
1+1
12mn
Kodak
D-76
1+1
12mn
1+1
12mn
1+1
12mn
1+1
12mn
1+1
12mn
1+1
12mn
Adox
Rodinal (Stand dev)
Voir ci-dessous
1 heure
1 heure
1 heure
1 heure
1 heure
1 heure

Développement lent (stand dev)

J'utilise la technique "stand development", "stand dev", "développement lent", "développement sans agitation" notamment pour les prises de vues moins critiques ou obtenir certains effets plus spécifiques tels que :
  • Des hautes lumières et des ombres plus profondément développées.
  • La perception de netteté augmentée (acutance).
  • Le traitement des pellicules sur ou sous exposées.
  • La préservation d'un grain plutôt fin.
Je préfère le "semi stand dev" (ou "semi lent"), avec agitation de la cuve à mi-temps (30 mn) pour éviter certaines stries dues au courants de convection et au révélateur épuisé, ce qui permet de mieux répartir ce dernier et d'augmenter le contraste.
Il y a d'autres techniques plus longues, plus diluées, plus chaudes etc à adapter suivant vos envies.
  • Au Rodinal (Adonal, Fomadon R09, Blazinal), dilution 1+100, développement durant 1 heure à 20°C.
  • Agitation révélateur pendant 1 minute.
  • Laisser "reposer" sans manipulation durant 30 mn.
  • 1 basculement & 1 rotation lente de la cuve.
  • Laisser reposer à nouveau 30 mn.
Finaliser bain d'arrêt, fixateur et rinçage comme tout autre film.

Scanner vos films

Si vous souhaitez scanner vos films par vous-même, je vous propose de les numériser en haute-résolution avec votre appareil photo numérique dans cet article spécifique.

Tirage photographique papier

Choix du papier

Ilford FB (Fiber Base) MG (multigrade) 1K (brillant).
Kodak Polyfiber FB, en brillant de même.
Aussi Oriental New Seagull VC (Variable Contraste), support carte.
Ce sont des papiers bromure à contraste variable et support cartoline barytée.
Utiliser du papier couché polyéthylène pour les tirages contacts ou de contrôles, qui doivent êtres manipulés et vite interprétés. Employer toujours une surface brillante, pour obtenir une meilleure définition de l'image.

Cadrage du négatif

Format 30x40 pour les tirages d'exposition , de collection ou d'archivage, avec une fenêtre 20x30 correspondant au 24x36 (rapport 3/2).
Format 18x24 pour les tirages personnels, de promotion, avec une fenêtre 12x18 correspondant au même rapport.
Sur un 13x18, un 10x15. On peut aussi présenter pleine feuille, recadrage carré, listels blancs ou noirs, bordures d'entraînement de la pellicule...
Employer alors un margeur correspondant à la grandeur maximale de papier utilisé.

On peut utiliser une loupe pour apprécier la mise au point de l'image sur le papier photographique. Il existe aussi des vérificateurs de mise au point (faire la mise au point sur le grain du négatif).

Révélateur papier

AGFA Neutol NE (neutre), WA (warm), suivant la tonalité d'image voulue. Révélateur concentré de haute qualité. Apparition rapide de l'image latente. Stabilisation spéciale pour le calcaire évitant tout risque de bain trouble. Grande sécurité contre le voilage.
PQ Universal d'Ilford, qui donne de très beau gris, ainsi que BROMOPHEN, du même fabricant.

Tonalité de l'image : les révélateurs à ton chaud, comme Neutol WA, métinol Agfa ou LS Ilford (les plus courants) ne concernent que les papiers chlorobromures du type Portriga Rapid Agfa, Tétenal Baryt 111 (qui ne sont pas à contraste variable mais en grades différents) etc... Ils n'influent pas la tonalité des images sur papiers à contraste variable, qui sont fait d'une émulsion au bromure d'argent.

Pour le Neutol

Ajouter de l'eau à environ 30°C au révélateur concentré pour obtenir le volume final désiré et bien agiter.

Dilution à 1+10 soit à 9% puis utilisation du révélateur à 20°C. De 1+7 (12,5%) à 1+14 (6,5%) suivant le contraste voulu.
rendement : 3,5 m2/litre avec dilution 1+10 soit environ 25 feuilles 30x40 cm par litre de solution préparée.
remarque : Pour que le traitement des papiers à tons chauds soit parfait, il faut absolument veiller à ce que le révélateur ne soit pas pollué par du bain de fixage.
D'autre part, il faut intercaler un bain d'arrêt (acide acétique) entre le révélateur et le bain de fixage.

ATTENTION : Il faut toujours développer ses tirages "à fond" dans le révélateur, c'est à dire ne pas changer de bain lorsque l'image semble "bonne".

Modification et façonnage de l'image sous l'agrandisseur

Si il y a des modifications à effectuer sur l'image, c'est sous l'agrandisseur qu'il faut concentrer son travail. On agit sur le temps de pose ou bien sur le grade du papier (filtres pour les papiers à contrastes variables). Ceci est très important si l'on veut reproduire des tirages sans recommencer la séquences "petits bouts d'essais".
D'ailleurs, il est souhaitable d'annoter le dos du tirage des conditions de développement, soit ouverture du diaphragme, temps de pose, révélateur employé et sa dilution, filtre ou grade du papier.
Il faut être capable de travailler dans des conditions opératoires reproductibles, et non pas en amateur bricoleur.
Densité d'un tirage : Valeur ± foncée du tirage. Concerne le diaphragme et le temps de pose.
Contraste : Nombre de valeurs et de nuances (du blanc au noir en passant par une gamme de gris).On perd en contraste lorsque l'on lève l'agrandisseur. Concerne aussi le choix de la gradation de papier ou du filtre à utiliser (papiers multigrades).

Si l'on a des maquillages à faire, les réaliser d'abord à blanc pour bien se souvenir les gestes à répéter lors du réel tirage.

Pour bien apprécier les noirs d'une image, laisser un petit bout de papier photosensible exposé sous l'agrandisseur et sans négatif dans la cuvette du révélateur. Celui-ci devra être noir et sera un étalon parfait pour une bonne mise en oeuvre de vos images.

Bain d'arrêt papier

Solution de CH₃COOH (acide acétique) à 5%. Passage rapide (5 à 20 secondes suivant l'épaisseur du papier) en agitant, avec un bain à 20°C.
Attention : le but d'un bain d'arrêt est de stopper l'effet du révélateur, donc de préserver aussi l'effet du fixateur plus longtemps. Mais il faut absolument que toute l'image trempe dans ce bain, le révélateur étant partout sur la feuille, au recto et verso.

Fixateur papier

HYPAM ILFORD Fixer en 2 bains. Dilution à 1+6 (soit 14%) à 20°C. Temps de fixage monobain : 3 mn et pas plus. (Pour du papier baryté).

Le premier bain prend la place du second quand celui-ci est usagé, que l'on renouvelle alors. (un fixateur est usé lorsque qu'un morceau de film trempé dans celui-ci devient transparent en plus de 30 secondes).

  • 1er bain : pendant 1½ mn à 20°C
  • 2nd bain : pendant 2 mn à 20°C
Rendement : 1,4 m2/litre soit environ 10 feuilles 30x40 cm.
Le fixage ne concerne que l'émulsion photographique. Il convient alors de mettre celle face vers le fond de la cuve, pour avoir un traitement uniforme. De plus, les éléments libérés étant plus lourds que l'eau, ceci ne resteront pas sur l'émulsion et ne gêneront donc pas le fixage (on peut allumer la lumière après 30 secondes de fixage).

Séquence spéciale archivage : Utilisation de ILFORD WASHAID GALERIE auxiliaire de lavage.

  • Fixage en 1 seule fois : 1er bain
  • 1er lavage en eau courante : 5 mn
  • Galerie Washaid à 1+5 (16,5%) pendant 10 mn
  • Lavage final pendant 20 mn en eau douce (eau minérale de Volvic, par exemple) à 20°C.
Rendement : Peut traiter 1,5 m2 de feuilles par litre soit 11 feuilles 30x40 cm.

Lavage des tirages

12 fois dans de l'eau claire et propre changée toutes les 5 mn et à 20°C. (On peut l'améliorer si l'eau est légèrement plus chaude : 22°C).
Ce dernier lavage est l'étape la plus importante du processus de tirage photographique. C'est lui qui décidera d'une l'existence stable ou non des tirages dans le temps.
Il faut savoir que le fixateur est un produit acide, et qui peut, si des résidus subsistent, détériorer le support et l'émulsion.
C'est pour cela qu'il faut exclure les stations prolongées des épreuves dans le bain de fixage, cet acte n'amenant rien de plus au processus chimique, comme certains peuvent le croire.

Séchage des tirages

Les épreuves sur support baryté peuvent être séchées à l'air ambiant mais il y a risque de voilage du papier. En revanche, la surface du papier prendra un aspect satiné d'une grande noblesse.
Les tirages sur papier RC (plastiques) séchent rapidement, même à l'air chaud, et parfaitement à plat.
Afin d'obtenir des épreuves rapidement présentables, le mieux est d'utiliser des buvards blancs chimiquement neutres (certifiés sans acides, chez CANSON, SERC) et qui ne peluchent pas, garantissant une longue conservation et planéité aux photographies.

Il faut toujours utiliser les mêmes buvards pour le même type de séquence de tirage. Par exemple, si on utilise GALERIE WASHAID d'ILFORD, traitement qui permet d'abaisser le pourcentage de thiosulfates résiduels de 75% par rapport à un lavage de 60 mn en eau courante, cela serait inutile de réemployer des buvards ayant servis à sécher des épreuves non traitées par WASHAID.

Dans un dernier recours, tendre un voile de tulle sur le haut d'un carton ou d'une boite de dimensions supérieures aux tirages et faire sécher les épreuves émulsion photographique vers le bas. Après séchage, les laisser "reposer" quelques temps pressé entre 2 cartons sans acide si possible. Puis, après 3 ou 4 jours, les repasser entre ces deux mêmes cartons avec un fer sans vapeur, des deux côtés, et laisser refroidir pressé pendant 1 ou 2 jours.

  1. Essorer une épreuve et la poser sur un buvard propre.
  2. Placer un autre buvard sur l'épreuve et frotter doucement.
  3. Essorer une seconde épreuve et la placer sur le second buvard.
  4. Retourner la pile d'épreuves et de buvards et placer l'épreuve du haut sur 3 buvards propres. La couvrir avec 3 autres buvards.
  5. Transférer la 2nd épreuve de l'ancienne à la nouvelle pile. Continuer jusqu'au transfert de l'ensemble des tirages.
  6. Lorsque tous les tirages se trouvent placés chacun entre 3 feuilles de buvard, poser un poids sur le haut de la pile pour bien aplanir et laisser les épreuves ainsi pendant environ 1 h.
  7. Recommencer l'opération (4-6) en formant une troisième pile. Laisser les épreuves jusqu'à séchage complet des tirages. La planéité sera alors parfaite.

La retouche

Pinceau sortie courte spéciale retouche, dénomination RAPHAEL Martre Kolinsky n°2 et 3 et encre de retouche vendu en magasins spécialisés. Voir bibliographie. Utiliser par exemple SPOTONE, en plusieurs teintes différentes. Ne pas utiliser d'encre de chine ou gouache si possible, leur texture étant trop épaisse, faisant gonfler la gélatine et laissant des traces en relief.
Le SPOTONE est un colorant qui pénètre totalement dans l'émulsion du tirage et ne laisse aucune trace d'aspect de surface.
Il se dilue à l'eau et peut être éliminé à l'ammoniaque dilué.

Organisation du laboratoire

On peut si on en possède les moyens installer son laboratoire dans une pièce comprenant une fenêtre qui sera recouverte de film inactinique en 2 épaisseurs (Faire des essais d'inactinisme avec du papier photographique).
Ceci permet de recevoir la lumière du jour et ne pas perdre la notion du temps pendant la phase de développement papiers ou films, la lumière rouge et le temps combinés devenant vite très éprouvants pour le système nerveux.

2 parties dans un laboratoire : 1 partie humide (bains) et une sèche (agrandisseur).

Cuves pour tirages papiers

Les laver rapidement après avoir jeté les produits chimiques et les essuyer. Il faut aussi pouvoir transférer les cuves d'une place à l'autre, le fixateur nettoyant la cuve du révélateur en dissolvant les particules d'argent. Ne pas trop attendre car il y aura alors une oxydation irréversible. Il vaut mieux utiliser des cuves en plastiques durs qui sont plus résistantes aux produits chimiques. C'est similaire pour les cuves à films.

Petit matériel de laboratoire

Utilisation des margeurs MEOPTA, peu chers et fiables.
Pour tout essuyer, installer un dévidoir à papier essuie-tout.
Prévoir si possible des éprouvettes en verre, qui se nettoient plus facilement et résistent mieux aux produits chimiques.
Il vaut mieux développer avec des pinces, car les doigts ont en surface des sécrétions oxydant les produits et courant à leur perte. Il faut les disposer dans des verres pour ne pas qu'elles tombent dans les bains de développement. On peut utiliser la même pince pour le fixateur et le bain d'arrêt, mais une et une seule pour le révélateur.

L'eau

Pour avoir de l'eau toujours à bonne température, préparer une grande quantité dans un seau. Cela permet aussi d'avoir au fond de celui-ci les impuretés susceptibles de rayer les tirages ou les films. Puis la prélever doucement et en surface ou moment de son utilisation avec un récipient affecté spécifiquement à cette tache.
On peut aussi prendre une bouteille propre et la remplir d'eau du robinet filtrée à bonne température pour développer des films. 1 bouteille suffit à faire les étapes du révélateur au premier bain de lavage pour un film en cuve de 250 ml.

Divers

Claie de séchage : Voile anti-moustique très doux tendu sur des cadres, avec l'émulsion photo-sensible vers le bas (où du tulle sur un carton...)

Pour nettoyer les objectifs de l'agrandisseur, prévoir une poire de lavement de gros débit (pharmacies), un chiffon antistatique pour les disques (qui peut aussi servir pour les films).
Relier l'agrandisseur à la terre pour obtenir moins d'électricité statique.

Température du laboratoire

La température idéale est de 20°C et les variations de Tp° sont similaires à celles des bains pour le développement des films. Il ne faut pas utiliser de Bâton thermo-chauffant mais plutôt mettre la pièce du laboratoire à la Tp° des bains. En dessous de 15°C, la réaction chimique ne se fait pas complètement. A l'inverse, au dessus de 25°C, il y a risque de détérioration de la gélatine, donc de la couche photosensible.

Jeter ou recycler les produits photographies

Parmi les produits de traitement des films photographiques, les révélateurs et les fixateurs constituent un risque de pollution. Ils doivent être traités puis éliminés dans des filières spécialisées. Apportez vos produits photographiques concentrés, périmés ou non utilisés, dans vos déchetteries. Précautions :
  • Laissez le bouchon pour éviter les écoulements
  • Même vides, ne les jetez pas parmi les emballages recyclables
  • Ne videz pas le contenu restant dans l'évier ou dans les WC
Attention : le papier photographique n'est pas recyclable. Jetez le dans la bonne poubelle.
Le mieux est d'appeler sa déchetterie afin de connaître les modalités de restitution des solutions et flacons usagés ou périmés. Merci pour notre environnement !

Bibliographie & adresses

Vente de matériel

ouvrages de références techniques

Les Grands Maîtres du Tirage
Dominique Gaessler
ContreJour Association de Critique Contemporaine en Photographie (ACCP)
c/o Gilles Mora

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